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Le soutien fraternel et la foi d’une mère

Ce qui m’a toujours enthousiasmé dans la vie servite c’est cette assurance de se sentir porté par le soutien des unes et des autres et de se savoir engagés ENSEMBLE à la suite du Christ. Je l’expérimente de façon nouvelle à travers cette expérience d’internationalité où avec nos différences culturelles nous arrivons à construire ensemble quelque chose d’harmonieux. Loin de me noyer dans un irréalisme, je reconnais que cette harmonie passe souvent par des douleurs d’enfantement par le fait qu’on oscille parfois entre attachement et détachement identitaire. Notre commune identité de servite nous donne un équilibre en ce sens qu’elle nous porte vers les larges horizons du service du plus petit dont l’identité est parfois bafouée ou ignorée. Cette force de servir nous la puisons, pas seulement dans le soutien mutuel mais aussi dans la foi de certains membres de nos familles. Cet été, j’ai eu la joie de me trouver au chevet du lit de la maman de notre sœur Elisabeth-Marie qui était très souffrante. Les paroles qu’elle m’a dites ont fait écho à l’admiration de Jésus relatée en Lc 7, 9 : « Jamais je n’ai vu une telle foi en Israël/à Kyondo. Voici ce qu’elle m’avait dit la veille de mon retour au couvent et donc en France: "Vas en paix, tu diras à ta sœur de ne pas s’inquiéter pour moi, vos sœurs et d'autres personnes m'entourent de leur affection, même si vous restiez ici à mes côtés, ce n'est pas vous qui allez me guérir, ma vie est entre les mains de Dieu. Ne vous inquiétez pas pour moi. Nous, vos parents, nous disons avec vous "Ndiyo nataka" (oui, je le veux) à travers le geste de vous accompagner librement à l'autel le jour de vos engagements, ce jour-là, moi j'ai dit "oui" dans mon coeur avec ma fille, tu lui diras donc d'enraciner sa foi dans le Seigneur!" ça été un des moments heureux de mes vacances d'entendre cela d'une femme africaine alors que dans certaines conceptions de la vie religieuse en Afrique, nos familles sont souvent présentées comme des obstacles à nos engagements (surtout pour ce qui est du vœu de pauvreté). Voilà le témoignage d'une femme toute dépouillée de la richesse la plus précieuse: sa fille. Elle était consciente qu'elle ne la reverrait plus dans la vie présente. Alors qu’elle est partie, maintenant elle nous est encore plus proche : paix à son âme.

Marie Desanges

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