Oecuménisme

Janvier 2014 - Œcuménisme ! Pourquoi pas une petite rubrique mensuelle ?

 

Fin août 2015 Sister Margaret Crinyon et Sœur Marie Raphaël Fradet ont participé au Congrès interconfessionnel et international des Religieux, à Mirfield, dans le Yorshire ( R.U. ), participation demandée par Sœur Marie Thérèse Connor. Les semaines ont passé, sans doute fort occupées, et nous n’avons pas encore donné un écho de cette excellente rencontre. Les cinq jours vécus à la Communauté anglicane de la Résurrection ont permis des découvertes, des échanges, des partages profonds dans l’accueil et le respect de nos différences. Nous étions 50 religieux catholiques, anglicans, luthériens, réformés, presbytériens, maronite, épiscopalien, gréco-catholique et orthodoxes roumains. Le premier lieu de notre œcuménisme réceptif, selon le thème du Congrès, a été la belle liturgie monastique depuis les laudes jusqu ‘aux complies, chantée en langue anglaise sur des mélodies grégoriennes. Beaucoup de prière imprégna ces journées, nourrissant une qualité d’écoute et d’accueil de nos différentes expressions de la vie religieuse à travers les conférences et les témoignages repris en ateliers.Ce pourra être le programme de nos prochains communiqués afin que vous puissiez profiter de la richesse œcuménique vécue dans nos Eglises.En ce mois de janvier, je ne peux terminer cet article sans évoquer la semaine de prière qui va nous unir profondément au-delà des distances géographiques. Du 18 au 25 janvier, prions et supplions l’Esprit Saint. Lui seul réalisera notre unité, nous le croyons fermement.

 

Sœur Marie Raphaël Fradet

Février 2016 - Comme annoncé au mois de janvier, voici un nouvel écho du Congrès interconfessionnel des Religieux en août dernier.

 

Œcuménisme réceptif, échange des dons ! Après les grandes divisions de la chrétienté, surtout celle du XIe siècle entre Rome et Constantinople et celle du XVIe siècle en Occident, un certain échange des dons a continué. En fait il s’agissait de garder une tradition spirituelle d’avant la séparation. Les amis du Seigneur se reconnaissaient comme faisant partie de la même grande famille chrétienne.

Où en sommes-nous aujourd’hui ? La plupart des Eglises participent au mouvement œcuménique. Une littérature importante, fruit du dialogue entre deux ou plusieurs Eglises, a vu le jour. Le grand défi semble être celui de la réception. L’échange des dons implique la volonté, l’aptitude à donner et à recevoir. Comme l’a écrit le cardinal Walter Kasper : « Par le dialogue nous ne voulons pas perdre ce qui est précieux ( pour notre Eglise ) mais nous serons enrichis par les dons des autres. Apprendre les uns des autres peut être le chemin par lequel l’Esprit nous guide vers la vérité toute entière ». Dans le dialogue les yeux du cœur peuvent s’ouvrir lorsque l’on reconnaît soudain dans l’autre la foi commune que nous partageons. Thomas Ryan écrit : « Nous devons être prêts à aller où l’autre vit, à voir et à comprendre la manière dont les choses se font chez l’autre, à développer une affection pour cet espace et les choses qu’on y trouve… ».

Nous avons « à nous accueillir comme le Christ nous a accueillis pour la Gloire de Dieu, » non pas au niveau de la seule tolérance mais au niveau de la véritable réception dans l’amour, « rivalisant d’estime réciproque » comme l’écrivait Paul aux Romains. Essayons, et nous verrons que la paix et la joie vont peu à peu imprégner nos relations entre chrétiens de confessions différentes.

 

Sœur Marie Raphaël Fradet

Mars 2016

En ce mois du Carême et du Printemps, ajoutons une nouvelle fleur à notre rubrique « Œcuménisme », en partageant le témoignage d’une sœur moniale dominicaine sur son expérience de vie œcuménique.

L’apôtre Paul écrivait aux Romains (1,11-12) : « J’ai un vif désir de vous voir afin de vous communiquer quelques dons spirituels pour vous affermir ou plutôt nous réconforter ensemble chez vous par la foi qui nous est commune… » Ces paroles nous incitent à une rencontre renouvelée entre frères et sœurs chrétiens, une rencontre réciproque et sincère.

L’Eglise est le corps du Christ dont nous sommes les membres et Lui la tête. Dans ce corps la grâce se répand de la tête à tous les membres par le Baptême et l’Eucharistie, les rassemblant dans l’unité la plus profonde. Alors comment aimer Jésus sans aimer   l’Eglise, son Epouse qui ne fait qu’un avec Lui. Qu’en est-il de ces Eglises qui confessent Jésus Christ et ne sont pas unies ?

 

Il apparaît que l’expérience monastique d’Orient et d’Occident forme comme un pont de fraternité où l’unité vécue resplendit davantage que dans les dialogues entre les Eglises. Thomas Merton moine cistercien en était convaincu : «  Si j’unis en moi, disait-il,  les pensées et la piété des chrétiens d’Orient et d’Occident,  des Pères grecs et latins, des mystiques russes et espagnols, je prépare en mon âme la réunion des chrétiens séparés. »

Contempler le Christ et prier sont des fondements pour  notre marche œcuménique. Le labeur quotidien avec le Seigneur, l’offrande d’amour qui conjugue au fil des jours l’action de grâces, la communion et la souffrance sont les étapes de cette marche. Nous vivons cela dans nos rencontres quand nous célébrons la Cène ou l’Eucharistie sans communier ensemble à la même table.

 

Chaque groupe chrétien est ainsi appelé à approfondir sa foi dans sa propre tradition, à réformer ce qui chez  lui doit être réformé, à monter vers le Seigneur jusqu’où s’arrêtent les murs de nos séparations.

Disciples de Jésus, habités par son Esprit depuis notre baptême, gardons confiance et courage. Nos pas vers l’unité, parfois modestes ou même invisibles, seront transfigurés par Celui qui a prié : « Père, qu’ils soient un pour que le monde croie » !

 

Sœur Marie Raphaël Fradet

 

 

 

Avril 2016 - Oeucuménisme

 

Après  les échos du Congrès interconfessionnel des religieux, un partage à partir du récent Colloque de l’Institut d’études oecuméniques sera le bienvenu. Il s’agissait de la Réforme et des réformes successives dans les Eglises chrétiennes. Nous retiendrons le thème  « Libérés par l’Evangile, une Réforme à poursuivre ensemble ».

Notre première certitude est que le don de Jésus Christ est le cœur de la foi chrétienne, toutes Eglises confondues. Nous avons tous à redécouvrir le don que Dieu nous fait de son Fils : «Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en Lui ne se perde pas mais ait la vie éternelle. » ( Jean 3, 16 ) 

Depuis Luther, deux termes sont particulièrement associés au Protestantisme, la liberté et la responsabilité du peuple, c’est-à-dire des fidèles. Ils sont des éléments actuels de nos réformes personnelles et ecclésiales.

La Liberté, c’est d’abord pour Luther la libération acquise  par Jésus Christ, reçue dans le sacrement du baptême. Le Christ seul nous libère. Le croyant est un affranchi. La belle expression de Luther nous interpelle encore aujourd’hui : « Je jette mon péché sur le Christ et Lui jette sa miséricorde sur moi ». Cette liberté nous invite à abandonner la maîtrise de notre vie en toutes choses, à renoncer à l’autosuffisance qui imprègne nos sociétés, à ne pas écouter ceux qui prêchent le salut par soi-même.

La responsabilité du peuple : Luther réaffirme le sacerdoce universel des baptisés. Le chrétien vit en Dieu par la foi et la charité. C’est l’Esprit Saint qui prie en lui et le constitue croyant, c’est l’Evangile qui est sa loi de vie. Le sacerdoce des baptisés nous rend dignes de nous présenter devant Dieu et de prier pour les autres, dignes de vivre l’intercession et le témoignage. Les ministères attribués à certains, sacerdoce ministériel, sont une charge pour le service du peuple de Dieu, tout entier « peuple de prêtres, de prophètes et de rois ». Que pouvons-nous en dire aujourd’hui ? Evitons la recherche du merveilleux, des activités spectaculaires qui rassemblent les foules, lisons et méditons l’Ecriture sainte dans laquelle Dieu nous parle, vivons l’expérience concrète de suivre Jésus selon l’Evangile, fidèles jusque dans l’épreuve « qui vérifie la qualité de notre foi ».

Tous les chrétiens sont appelés à témoigner courageusement à contre-courant de la société dans laquelle ils vivent. Que nos Eglises cherchent à se connaître, à se respecter, à se soutenir mutuellement dans la longue marche vers  notre unité telle que Dieu la voudra.

 

Sœur Marie Raphaël Fradet

Mai 2016 - Oeucuménisme

 

Continuons notre partage à partir du Colloque œcuménique d’avril dernier à Paris. Une des conférences a développé  le thème « Réformes et renouvellement dans les Eglises. »

L’Eglise a besoin d’être réformée. L’Eglise est un miracle, grâce à la seule fidélité du Dieu vivant, grâce à la rencontre de la Parole et du cœur humain. Elle se définit tout entière par sa vocation, elle n’est réductible à aucun groupe, à aucune structure.  « Nul, écrit l’apôtre Paul, ne peut poser d’autre fondation que celle qui existe, Jésus Christ. » Les Eglises ont toujours été en activité de se réformer. Après le grand mouvement de la Réformation au XVIe siècle, l’Eglise a convoqué le Concile de Trente ( 1545-1563 ) qui réalisa une profonde réforme de l’Eglise catholique.

Toute réalité humaine durable doit se renouveler. On préfère ici parler de rénovation parce que le Dieu vivant veut que son Royaume avance. Ainsi plutôt que de décréter des réformes, soyons attentifs aux renouvellements. C’est Dieu qui est en mission, qui jette la semence pour qu’elle germe et produise du fruit ;  « le Semeur est sorti pour semer », dira Jésus dans sa parabole.

Où Dieu est-il en mission ? Il nous faut repérer les lieux de renouvellement. Le signe en est la joie, la joie de l’Evangile. Où discerner les renouvellements de l’Eglise en mission avec Dieu ? Relevons trois exemples :

*la lecture biblique, marqueur identitaire des protestants. Si cette lecture est encore insuffisante, il y a bien un changement dans la multiplication des groupes de Lectio divina, des ateliers bibliques.  On y voit la joie de l’expérience d’une lecture nourrissante de la Parole.

*un appétit renouvelé pour le témoignage. Les Eglises ont modifié leur rapport au témoignage et là encore la joie se manifeste.

*l’ouverture à un christianisme post-confessionnel. Les évolutions contemporaines du CROIRE font bouger les frontières entre les différentes confessions. Et la joie se manifeste comme on le voit par exemple dans les rassemblements de Taizé ou les rencontres monastiques interconfessionnelles.

Etre mis en marche par le renouveau que Dieu opère et qui suscite la joie est une réforme. L’Eglise est en mission quand elle sort d’elle-même,  pour annoncer le Royaume. Elle existe pour ceux qui n’y sont pas. La foi en Jésus-Christ s’enracine dans la croix. Figure de contradiction, de la Crèche à la Croix, Dieu est  souverainement libre, jamais conditionné par les hommes, auxquels Il a choisi d’être livré. Entraînée par ce Dieu-là, l’Eglise peut se renouveler. Accueillons le don de la vie toujours nouvelle, le don de la joie que nul ne peut nous ravir. C’est ainsi que nous marchons vers l’Unité que Dieu lui-même réalisera.

                                                                      

Sœur Marie Raphaël Fradet

Juin 2016 - Oeucuménisme

 

En ce dernier article avant l’été, nous rejoindrons le monde des Eglises orthodoxes en raison du Concile panorthodoxe qui se tient   en Europe en ce mois de juin.

L’Eglise orthodoxe commence avec la séparation de l’Eglise de Rome avec l’Eglise d’Orient, patriarcat de Constantinople, en 1054. L’Eglise orthodoxe est formée d’un ensemble d’Eglises particulières autonomes, dont l’unité réside dans la communion  mutuelle dans une même foi sans qu’il soit besoin d’une structure centralisée autour d’un chef spirituel, le Pape de Rome,  comme dans l’Eglise catholique. Le Patriarche de Constantinople a une primauté d’honneur sans pouvoir de gouvernement. Chaque Eglise élit ses évêques. La seule autorité souveraine est le Concile universel rassemblant tous les évêques de l’orthodoxie, lequel ne s’est jamais réuni depuis 1054.

Ce grand Concile se prépare depuis 1961, date de la première conférence préconciliaire. Les primats de l’Eglise orthodoxe ont finalisé la préparation en janvier 2016. Vu la situation politique difficile au Proche Orient et les relations tendues entre la Turquie et la Russie, il a été décidé que le Concile aura lieu non pas à Constantinople mais en Crète. Du 16 au 27 juin 2016. Toutes les Eglises envoient une délégation de 24 évêques accompagnés de conseillers ecclésiastiques, moines et laïcs. Les langues officielles sont le grec, le russe, le français, l’anglais et l’arabe. Parmi les sujets à l’ordre du jour, « la mission de l’Eglise orthodoxe dans le monde contemporain », « les relations des Eglises orthodoxes avec l’ensemble du monde chrétien », « les fidèles de la diaspora », « le sacrement du mariage ». Les textes adoptés par le Concile le seront à l’unanimité, principe selon lequel seront prises les décisions du Concile. Chaque Eglise autocéphale –autonome – dispose d’un seul vote élaboré selon le principe de la majorité interne. Les légitimes prises de position négatives sont inscrites dans les Actes du Concile. La plupart des travaux  se dérouleront  à huis clos. Aux sessions d’ouverture et de clôture sont invités des représentants du monde chrétien, entre autres l’Eglise catholique romaine, l’Eglise copte, l’Eglise anglicane, la Fédération luthérienne mondiale, le Conseil œcuménique des Eglise ( COE ). Des liturgies panorthodoxes célèbreront le premier jour, la fête de la Pentecôte et le dernier, le dimanche de tous les saints selon le calendrier orthodoxe.

Ce bref aperçu d’une rencontre si importante pour nos sœurs Eglises d’Orient nous invite à la prière maintenant et dans les mois suivants. Quelques Eglises orthodoxes ont manifesté récemment le désir de reporter le Saint Concile à une date ultérieure. Que la volonté de communion l’emporte ! Que la réception du Concile avance peu à peu, avec  la conversion du cœur de chacun, à  la gloire du Dieu trois fois saint et au service de l’humanité en attente de son salut.

 

Sœur Marie Raphaël Fradet

 

Les Soeurs Servites des communautés de Belgique, du Canada, de France, de la République Démocratique du Congo, vous souhaitent la bienvenue ! Sur notre Site, vous découvrirez notre histoire, notre spiritualité mariale et notre vie au quotidien. Dispersées sur les 3 continents : l'Europe, l'Afrique, l'Amérique du Nord, nous avons un défi, "vivre ensemble la Servite Attitude" les yeux toujours fixés sur sainte Marie.

 

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